Zoom sur la marqueterie de Paille

Un peu sauvage...Beaucoup caboche

Une matière née à la Renaissance

La marqueterie de paille naît en France au XVIe siècle, dans les campagnes de Picardie, quand des mains habiles ont eu l'idée folle de transformer un brin de blé en matière précieuse. Fendue, aplatie, teintée parfois, la paille se pose brin à brin comme une mosaïque de lumière. Elle connaît son âge d'or aux XVIIe et XVIIIe siècles sur les meubles et les objets d'art, avant de renaître dans les années 1920-1930, portée par les ateliers Art déco qui en font un matériau noble, digne des plus beaux intérieurs.

C'est une matière humble à l'origine — un déchet agricole — devenue art par la patience et le geste.

Une matière que je réinvente à mon échelle

Chez Cabocaboche, je fais glisser cette technique du meuble vers le bijou. Chaque cabochon est composé brin par brin, à la main, sur une petite surface — quelques millimètres où se joue toute la lumière du geste. Pas de moule, pas de reproduction identique : chaque motif porte les infimes variations de la paille, de sa teinte, de sa découpe. C'est une matière vivante, qui capte la lumière différemment selon l'heure du jour — un peu comme la brume elle-même.

Pourquoi j'arrête les pierres

J'ai fait le choix de ne plus acheter de pierres naturelles pour mes créations. Leur extraction pèse lourd — tant sur les conditions humaines que sur un aspect écologique. Oui ce sont des matériaux qui viennent loin et dont l'extraction est souvent faite dans des conditions de travail déplorable.

 Ce n'est pas un renoncement, c'est un déplacement : troquer l'éclat minéral pour l'éclat végétal, la carrière pour le champ. La paille pousse chaque année, elle ne s'épuise pas — et les chutes de bois, de tissus que je récupère en ressourcerie prolongent des matières qu'on aurait jetées.

Faire des bijoux avec ce qui existe déjà, ou ce qui repousse : c'est ça, pour moi, façonner autrement.